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Le pêcher Grosse Mignonne
Origines et histoires
Le pêcher Grosse Mignonne est une variété française très ancienne, connue dès 1667 dans la région parisienne sous le nom de « Pêche Veloutée ». Elle gagne l’Angleterre dès 1729, puis se répand en Hollande, en Allemagne et jusqu’en Amérique. Elle est devenue le prototype du groupe des pêches Mignonne et compte plus de cinquante synonymes à travers l’Europe : Mignonne veloutée, Belle Beauté, La Royale, entre autres.
Le fruit atteint un gros calibre, autour de 7 cm de diamètre et plus de 150 g. Sa forme sphérique, souvent irrégulière, se comprime aux pôles. La peau fine et veloutée passe du jaune verdâtre au rouge pourpre du côté exposé au soleil. La chair blanche à blanc verdâtre, rosée près du noyau, est fine, fondante et très juteuse. Elle offre une saveur très sucrée, vineuse et parfumée, considérée comme l’une des meilleures de son époque. Le noyau, petit et ovoïde, ne tient pas à la chair.
Le pêcher Grosse Mignonne se montre très vigoureux, avec une croissance rapide et un bois fort. Sa productivité est extrêmement abondante. Il supporterait des froids jusqu’à environ -15 °C. Il présente une bonne résistance à la cloque, à la rouille et à la moniliose, ce qui simplifie son entretien.
La floraison a lieu en mars, tôt dans la saison, avec de grandes fleurs rose vif à violacé, sensibles aux gelées tardives. La variété est autofertile : un seul arbre suffit à fructifier. La récolte gagne cependant à être améliorée par la présence d’un autre pêcher.
On récolte la Grosse Mignonne de mi-juillet à début août. Les fruits se conservent peu de temps à température ambiante, quelques jours seulement, ce qui en fait une pêche de table à consommer rapidement. Elle se prête aussi très bien aux confitures, compotes et pâtisseries.

Histoire du pêcher à travers les âges
Le pêcher appartient à la famille des Rosacées, comme le poirier. Contrairement à ce que suggère son nom latin, Prunus persica, il n’est pas originaire de Perse mais de Chine. Des noyaux fossilisés retrouvés dans la vallée du Yangzi Jiang attestent d’une consommation dès le VIe millénaire avant notre ère. Le monde compte aujourd’hui plus de 300 variétés de pêches et de nectarines.
En Chine, les habitants cultivent le pêcher depuis la dynastie Shang, autour de 1570 avant J.-C. Le fruit y occupe une place à part : dans la tradition taoïste, la pêche symbolise la longévité et l’immortalité, et orne encore aujourd’hui de nombreuses représentations artistiques et cérémonies. On lui prête aussi des vertus médicinales.
Le pêcher gagne la Perse vers le IVe siècle avant J.-C., porté par les échanges le long de la route de la soie. Les Grecs le découvrent à leur tour au contact de la Perse, sans doute lors des campagnes d’Alexandre le Grand, et le nomment « pomme de Perse », malum persicum. Les Romains ne le cultivent qu’à partir du Ier siècle avant J.-C. : ils l’apprécient, mais moins que l’abricot, lui aussi rangé alors parmi les « pommes ».
À partir de la Renaissance, et plus encore sous Louis XIV, la pêche devient un fruit de prestige. Jean-Baptiste de La Quintinie, chargé par le roi de diriger les jardins fruitiers et potagers de toutes les maisons royales, perfectionne sa culture en espalier au Potager du Roi de Versailles. La réputation du fruit dépasse bientôt la cour : aux Murs à pêches de Montreuil, les arboriculteurs cultivent des pêches destinées aux tables les plus prestigieuses d’Europe, jusqu’à la reine d’Angleterre et au tsar de Russie, quand les classes populaires se contentaient de pommes et de poires communes.
| Poids | 500 g |
|---|---|
| Période de récolte | Août, Juillet |
| Variété | De saison |
| Utilisation | A couteau, A cuire |
| Couleur du fruit | Jaune, Rouge |
| Période de floraison | Mars |
| Porte greffe Pêcher | Rubira |

