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Le néflier Kurpfalzmispel
origine & histoire
Le néflier Kurpfalzmispel vient d’Allemagne, du Palatinat (Kurpfalz), près de Heidelberg. Il est apparu dans les années 1960 comme semis spontané, repéré et diffusé pour la qualité de ses fruits. On l’appelle aussi Süssmispel, la « mispel douce », en référence à sa saveur.
Le fruit adopte une forme ronde et aplatie, d’un diamètre de 3 à 6 cm. Sa peau brun doré enveloppe une chair sucrée et légèrement noisettée, à la saveur rappelant un mélange de pomme et de poire. Sa teneur en tanins reste très faible, ce qui la rend moins astringente que la plupart des autres néfliers.
L’arbre du néflier Kurpfalzmispel se montre vigoureux et rustique. Il supporte le froid jusqu’à environ -20 à -25 °C, et produit bien et régulièrement.
La floraison, à fleurs blanches, intervient de mi-mai à juin. Le néflier Kurpfalzmispel est autofertile.
Sa particularité tient à la précocité de maturation : les nèfles deviennent souvent comestibles avant les premières gelées, alors que la plupart des néfliers ont besoin du froid pour s’attendrir. On les récolte d’octobre à novembre, et elles se conserveraient ensuite jusqu’en décembre. On les déguste fraîches, ou on les transforme en purée, confiture, compote ou liqueur.
Histoire du néflier à travers les âges

Le néflier appartient à la famille des Rosacées. Il n’est pas originaire d’Allemagne, malgré son nom latin, Mespilus germanica. Il vient plutôt du sud-est de l’Europe et de l’Asie occidentale, entre les Balkans, la Turquie et le Caucase. Le nom « mespilus » apparaît déjà chez le philosophe grec Xénophon, au IVe siècle avant J.-C., à propos d’une région proche de l’actuelle Mossoul, en Irak.
Les Grecs et les Romains connaissent bien ce fruit. Les médecins de l’Antiquité, comme Hippocrate, apprécient surtout ses vertus astringentes. Le médecin grec Dioscoride écrit que la nèfle « resserre » et qu’elle est « agréable à l’estomac ». Ce sont les Romains qui diffusent l’arbre à travers la Gaule.
Au Moyen Âge, le néflier occupe une place de choix dans les jardins européens. Charlemagne l’inscrit parmi les seize arbres recommandés dans son capitulaire De Villis, sous le nom de « mespilarios ». On le cultive notamment à l’abbaye de Saint-Gall, en Suisse, dès le IXe siècle. Sa récolte tardive en fait un fruit précieux en hiver, à une saison où peu d’autres fruits sont disponibles. Aux XIVe et XVe siècles, en Flandre et en Artois, son bois sert même à construire des moulins à eau.
La nèfle ne se mange pas telle quelle. Il faut la laisser blettir : plusieurs semaines à l’air, jusqu’à ce que sa chair, d’abord dure et âpre, s’amollisse et devienne comestible. Cette contrainte a fini par jouer contre elle. À mesure que d’autres fruits, plus faciles à consommer, se répandent, le néflier perd du terrain. Il devient rare, presque ornemental. Le français garde la trace de cette désaffection dans une expression populaire : traiter quelqu’un de vieilles « nèfles », ou promettre « des nèfles », c’est encore aujourd’hui une façon de dire qu’il n’y a rien à en attendre.
| Poids | 500 g |
|---|---|
| Période de récolte | Novembre, Octobre |
| Variété | De saison |
| Utilisation | A couteau, A cuire |
| Couleur du fruit | Marron |
| Période de floraison | Juin, Mai |
| Porte greffe Poirier | Kirchensaller |

