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Le néflier Géant d’Evreinoff
origine & histoire
Le néflier Géant d’Evreinoff, aussi appelé Monstrueuse d’Evreinoff, est une obtention française. V. A. Evreinoff l’a créée en 1941, près de Montauban, dans le Tarn-et-Garonne.
Le fruit se distingue par son calibre exceptionnel : il pèse en moyenne 70 g, jusqu’à 80 g, pour un diamètre de 5 à 5,5 cm. Sa forme aplatie tranche avec les nèfles ordinaires. Sa peau brune, dorée à maturité, se teinte parfois de rouge brique côté soleil. Une fois blettie, sa chair devient fondante, avec une saveur équilibrée, entre sucre et acidité.
L’arbre du néflier Géant d’Evreinoff se montre très vigoureux, à croissance rapide. Sa production est abondante et régulière d’une année sur l’autre, sans alternance marquée. Il supporte le froid jusqu’à environ -20 °C.
Sa floraison à lieu en, en avril — plus tôt que la moyenne de l’espèce, qui fleurit généralement en mai-juin. La variété est autofertile.
On récolte les fruits tardivement en novembre. Ils demandent ensuite un blettissement pour devenir sucrés et fondants. On les déguste alors crus, ou on les transforme en confiture, gelée, compote, sirop ou glace.
Histoire du néflier à travers les âges

Le néflier appartient à la famille des Rosacées. Il n’est pas originaire d’Allemagne, malgré son nom latin, Mespilus germanica. Il vient plutôt du sud-est de l’Europe et de l’Asie occidentale, entre les Balkans, la Turquie et le Caucase. Le nom « mespilus » apparaît déjà chez le philosophe grec Xénophon, au IVe siècle avant J.-C., à propos d’une région proche de l’actuelle Mossoul, en Irak.
Les Grecs et les Romains connaissent bien ce fruit. Les médecins de l’Antiquité, comme Hippocrate, apprécient surtout ses vertus astringentes. Le médecin grec Dioscoride écrit que la nèfle « resserre » et qu’elle est « agréable à l’estomac ». Ce sont les Romains qui diffusent l’arbre à travers la Gaule.
Au Moyen Âge, le néflier occupe une place de choix dans les jardins européens. Charlemagne l’inscrit parmi les seize arbres recommandés dans son capitulaire De Villis, sous le nom de « mespilarios ». On le cultive notamment à l’abbaye de Saint-Gall, en Suisse, dès le IXe siècle. Sa récolte tardive en fait un fruit précieux en hiver, à une saison où peu d’autres fruits sont disponibles. Aux XIVe et XVe siècles, en Flandre et en Artois, son bois sert même à construire des moulins à eau.
La nèfle ne se mange pas telle quelle. Il faut la laisser blettir : plusieurs semaines à l’air, jusqu’à ce que sa chair, d’abord dure et âpre, s’amollisse et devienne comestible. Cette contrainte a fini par jouer contre elle. À mesure que d’autres fruits, plus faciles à consommer, se répandent, le néflier perd du terrain. Il devient rare, presque ornemental. Le français garde la trace de cette désaffection dans une expression populaire : traiter quelqu’un de vieilles « nèfles », ou promettre « des nèfles », c’est encore aujourd’hui une façon de dire qu’il n’y a rien à en attendre.
| Poids | 500 g |
|---|---|
| Période de récolte | Novembre |
| Variété | Tardive |
| Utilisation | A couteau, A cuire |
| Couleur du fruit | Marron |
| Période de floraison | Avril |
| Porte greffe Poirier | Kirchensaller |

